Publié le « Si j’étais présidente de la République… » | Florence Lustman
Tribune de Florence Lustman, présidente de France Assureurs, publiée sur LinkedIn le 15 septembre 2026.
C’est à cet exercice de fiction que je me suis prêtée à Venise, à l’occasion du Master Club, aux côtés de Jean-François Cousin, président de Planète CSCA, et Stéphane Junique, président du Groupe VYV et vice-président de la Mutualité Française.
À quelques mois de l’élection présidentielle, cette table ronde nous invitait à réfléchir aux thématiques que le secteur de l’assurance souhaiterait porter dans le débat public. J’ai choisi d’en mettre trois en avant : la méthode, le climat, la prévention.
La méthode, d’abord : moins de lois de circonstance, plus de trajectoire. Des objectifs quantifiés, un cap pluriannuel, une évaluation transparente et régulière. Fixer un cap, c’est aussi accepter de prioriser et cette vision suppose de mettre les acteurs autour de la table, de poursuivre la pédagogie sur le fonctionnement de l’assurance. C’est précisément la raison d’être de France Assureurs : porter une position commune de la profession auprès des pouvoirs publics.
Le climat, ensuite. Face aux incendies, aux inondations ou au retrait-gonflement des argiles, nous devons renforcer la prévention et donner aux acteurs de terrain les moyens d’agir : débroussaillement et trouées pare-feu, travail commun avec l’État sur les inondations, expérimentation de solutions de prévention et de réparation face au retrait-gonflement des argiles. Avec une conviction : il faut avoir le courage politique d’assumer de ne plus construire, ni reconstruire, dans les zones où l’exposition aux risques n’a plus rien d’aléatoire.
La prévention, enfin. Son véritable obstacle, c’est que l’effort est immédiat et le bénéfice différé, parfois invisible. Il faut donc construire des dispositifs qui récompensent l’effort tout de suite. En santé, nous proposons d’intégrer un « bonus prévention » dans les contrats responsables. Pour les risques naturels, nous demandons que l’intégralité du Fonds Barnier soit utilisée conformément à sa vocation, pour financer la prévention collective sans créer de nouvelle taxe.
Ces transformations ne se décideront pas depuis le seul secteur assurantiel. Elles supposent un dialogue construit avec l’État, les collectivités et les autres filières exposées, en gardant à l’esprit les besoins des assurés.
Merci au Cercle LAB x i3 – Master Club, ainsi qu’à Jean-François Cousin et Stéphane Junique pour la richesse de ces échanges.








