Publié le

Financer la défense de demain avec l’épargne des Français : c’est possible, et c’est déjà en marche

Tribune de Florence Lustman, présidente de France Assureurs, publiée sur LinkedIn le 13 avril 2026.


J’ai eu le privilège de participer jeudi soir à la remise des conclusions du Dialogue de place sur le financement de la BITD, aux côtés des ministres Roland Lescure et Catherine Vautrin, de Philippe Brassac et Hervé Guillou, et de nombreux acteurs du sujet.

Quelques convictions que je porte pour l’assurance française :

📌 L’abondante épargne des Français est un atout et avec 2 774 Md€ investis à 64 % dans les entreprises et à 80 % en UE— dont 846 Md€ dans les seules entreprises françaises — les assureurs constituent un pilier du financement de l’économie réelle. D’où proviennent ces investissements ? Très majoritairement de l’épargne qui leur est confiée par les Français.

📌 Et les épargnants Français, que souhaitent-ils pour leur épargne ? 7 sur 10 considèrent qu’il est important que leur épargne soit investie dans l’économie française, une attente bien naturelle puisque les épargnants sont aussi citoyens, consommateurs, salariés… L’intérêt de l’épargnant va donc de pair avec l’intérêt de la société. Des épargnants qui placent la sécurité (40 %) avant le rendement (28 %) ou la liquidité (25 %), une appétence au risque que l’on se doit de respecter.

📌 L’assurance vie est précisément le produit adapté. Le fonds euros, tout d’abord, permet de répondre à l’exigence de sécurité. Ce qui ne veut pas dire que l’assureur investit dans des placement sécurisés. Au contraire : avec 1800 Md€ d’encours sur le fond euros, l’assureur joue sur la diversification et la mutualisation au sein de ses actifs, ce qui lui permet de prendre du risque et d’investir dans des classes d’actifs auxquelles l’épargnant individuel n’accèderait pas seul : 40 % des actions détenues par les assureurs le sont via le fond euros.
Le fond euros : sécurisé pour l’épargnant, risqué pour l’assureur.
Et au sein du même contrat d’assurance vie, une partie de l’épargne étant sécurisée via le fond euros, les épargnants s’autorisent de plus en plus une prise de risque via les unités de compte.


📌 Sur les grands enjeux de la nation, les assureurs se sont toujours mobilisés. Après Relance Durable France, Obligations et Prêts Relance ou le pacte sur le logement intermédiaire, les assureurs ont significativement renforcé leurs engagements sur la défense : montée en puissance du non coté, doublement d’expositions directes au secteur, nouvelles unités de compte dédiées, investissements dans les European Defense Bonds, etc.

📌 L’initiative Tibi a montré la voie : plus de 14 milliards d’euros investis depuis 2020, avec 23 assureurs parmi les 37 investisseurs de long terme.

La suite ? Poursuivre le dialogue, lever les freins à l’investissement dans des scale-ups duales, garantir la visibilité des financements publics pour engager durablement le capital institutionnel, et gérer la liquidité en autorisent les sorties transfrontalières.