Publié le Cartographie prospective 2026 des risques de la profession de l’assurance et de la réassurance
La profession de l’assurance et de la réassurance publie sa 9e Cartographie des risques
La Cartographie prospective 2026 de la profession de l’assurance et de la réassurance a été élaborée par la commission Analyse des risques (CAR) de France Assureurs à partir d’une enquête conduite fin 2025 auprès des dirigeants du secteur. Cette neuvième édition repose sur les contributions de 186 répondants issus de 35 entreprises d’assurance et de réassurance, représentant 95 % des placements des assureurs français. Les répondants ont évalué 24 risques, répartis en six grandes catégories (économique, environnementale, sociale et sociétale, technologique, politique et réglementaire), selon leur fréquence de survenance, leur sévérité potentielle et leur horizon temporel. Ils ont également été interrogés sur les principaux défis de la profession ainsi que sur les menaces pesant sur la société française à des horizons de deux et dix ans.
Une hiérarchie des risques globalement stable, mais des évolutions sous-jacentes profondes
Le classement des risques apparaît globalement stable par rapport à l’édition précédente, mais cette stabilité masque des évolutions significatives dans l’appréciation de plusieurs risques majeurs. Le risque de cyberattaques demeure ainsi, pour la neuvième année consécutive, la première menace pesant sur la profession, et reste de loin le risque le plus sévère. Le dérèglement climatique, qui avait atteint la première place ex æquo en 2025, recule à la troisième position, juste derrière le risque lié à l’environnement économique. Ces deux risques sont désormais suivis de très près par l’environnement politique, dont la progression constitue l’un des faits marquants de l’édition 2026, dans un contexte où les récents débats budgétaires ont notamment porté sur la vision de l’assurance, en particulier de l’assurance vie, au sein de la société.
Les incertitudes économiques et politiques au cœur des préoccupations à court terme
La cartographie 2026 met en évidence une hausse sensible de l’évaluation des risques liés aux environnements économique et politique, dans un contexte d’incertitude accrue. Malgré des indicateurs macroéconomiques globalement maîtrisés, les tensions sur le commerce international, la situation des finances publiques et l’instabilité politique nationale et internationale alimentent une perception des risques plus élevée. Du point de vue de l’assurance, cette perception n’a pu être que renforcée par la teneur des débats autour du budget 2026, compte tenu en particulier des mesures pénalisantes évoquées au sujet de l’assurance vie notamment. Le risque politique, qui regroupe désormais les dimensions française, européenne et mondiale, enregistre la plus forte progression parmi l’ensemble des risques. Cette montée des préoccupations politiques se reflète également dans la progression du risque d’inégalités et de tensions sociales, en lien avec les épisodes récents de violences et d’émeutes, dont le coût pour la profession a été particulièrement élevé.
Les principaux risques pour les entreprises d’assurance (score sur 5)

Des risques technologiques toujours centraux et perçus comme de plus en plus sévères
Les risques technologiques occupent une place centrale dans la cartographie. Aux cyberattaques s’ajoutent désormais deux risques en forte progression : le risque lié à l’intelligence artificielle et celui relatif à la qualité des données et à la conformité des processus IT. Ces risques progressent fortement dans le classement, notamment sous l’effet d’une hausse de leur sévérité estimée. Cette évolution traduit une transformation de la perception du risque technologique : si les assureurs estiment mieux maîtriser la fréquence de survenance de certains incidents, ils anticipent en revanche des impacts potentiellement plus graves en cas de réalisation, dans un contexte d’accélération des usages numériques, du recours au cloud et du déploiement de solutions d’intelligence artificielle.
Un recul conjoncturel des préoccupations environnementales, sans remise en cause du risque climatique
Dans un contexte dominé par les enjeux économiques et politiques, les risques environnementaux marquent un léger recul dans le classement 2026. Le dérèglement climatique reste néanmoins solidement installé parmi les principaux risques de la profession. Le risque d’événement naturel exceptionnel conserve quant à lui un profil spécifique, caractérisé par une faible fréquence estimée mais une sévérité élevée. Ce repositionnement ne traduit pas un affaiblissement durable des préoccupations climatiques, mais plutôt un déplacement de la perception du risque à court terme. À long terme, le climat demeure identifié comme le risque le plus structurant, susceptible d’avoir des effets en cascade sur de nombreux autres risques, notamment économiques et assurantiels.
Des risques de plus en plus rapprochés dans le temps
L’édition 2026 confirme un phénomène marquant : le raccourcissement généralisé de l’horizon des risques. La quasi-totalité des risques du top 10 est désormais perçue comme relevant d’un horizon de court terme (0 à 2 ans). Les cyberattaques et l’environnement politique sont ainsi considérés comme des risques immédiats par 99 % des répondants. À l’inverse, l’analyse à horizon de dix ans fait émerger une recomposition des préoccupations autour de trois grands pôles structurants : le climat, l’économie et la technologie. Le dérèglement climatique devient la préoccupation centrale à long terme, rejoint par le risque d’inassurabilité et par les enjeux liés à l’intelligence artificielle.
Une lecture différenciée entre risques pour les entreprises et menaces pour la société
La cartographie 2026 met également en évidence une distinction nette entre les risques pesant sur les entreprises d’assurance et les menaces identifiées pour la société française. À court terme, les hiérarchies sont proches, avec un poids particulièrement élevé des risques politiques et économiques. À long terme, les préoccupations sociétales apparaissent plus diversifiées, intégrant davantage les enjeux démographiques, économiques et climatiques. Enfin, si les assureurs expriment une inquiétude marquée à court terme vis-à-vis de la situation du pays, leur vision à long terme est sensiblement plus confiante, traduisant une perception de résilience et de capacité d’adaptation de la société française au-delà des turbulences actuelles.
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9ᵉ cartographie prospective de la profession de l’assurance et de la réassurance (PDF)








