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Les placements de l’assurance en 2025

Au 31 décembre 2025, les placements des entreprises d’assurance s’élèvent à 2 742,6 Md€, en hausse de +4,7 % par rapport à fin 2024 (+123,7 Md€), soit l’équivalent de 91,7 %1 du PIB français. Les entreprises d’assurance vie et mixtes en détiennent 89 %, dont 65 % au titre des fonds en euros et 24 % en représentation des engagements en unités de compte. Les entreprises non-vie en détiennent 11 % (cf. Chiffres clés).

La progression des placements des assureurs en 2025 est portée par des investissements nets particulièrement dynamiques (+93,1 Md€), auxquels s’ajoute un effet de valorisation positif (+30,5 Md€) (cf. T1c). Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de collecte particulièrement soutenue en assurance vie. Elle atteint +52,5 Md€ sur l’année, son plus haut niveau depuis 2007, avec notamment un retour en collecte nette positive des supports en euros après 5 années de décollecte. Les effets de marchés sont en revanche plus contrastés. La bonne tenue des marchés actions (+10,4 % pour le CAC 40) contribue à la hausse des portefeuilles (effet valorisation positif de 40,9 Md€ pour les actions). En revanche, la remontée des rendements obligataires en fin d’année pèse sur la valorisation des actifs de taux (+37 pdb pour l’OAT à 10 ans sur l’année).

La part des investissements domestiques se réduit pour la 2e année consécutive et atteint 51,0 % (cf. T1b). Cela traduit une réorientation vers l’Europe, en particulier le Luxembourg (+0,5 pp, cf. T1g), l’Italie (+0,2 pp) et le Royaume-Uni (+0,2 pp). Elle concerne plus fortement encore les investissements en UC (−2,5 pp). Les actions enregistrent le recul le plus marqué avec une baisse de −2,1 pp. Les actions françaises représentent 43,5 % des actions à fin 2025, après 45,6 %.

64,3 % des placements de l’assurance financent les entreprises (1 764,4 Md€), un niveau stable par rapport à 20242 (cf. T1b). La part des actions dans le total des placements s’accroit (25,8 %, +1,3 pp, cf. T1a). Les bonnes performances des marchés financiers compensent la relative faiblesse des nouveaux investissements : les actions et fonds actions, qui représentent 1/5e du stock d’actifs, n’ont capté que 1/7e des nouveaux investissements (cf. T1c).

Le poids de la dette souveraine (644 Md€) se réduit au portefeuille des assureurs. Ces actifs représentent 23,5 % des placements, en baisse de −0,3 pp. Cette baisse provient principalement des obligations souveraines françaises, particulièrement affectées par la hausse des taux (cf. T1b). Leur encours progresse de +2,9 %, en deçà de l’évolution de l’ensemble des obligations souveraines (+3,5 %) et de l’ensemble des actifs (+4,7 %).

Le niveau de risque du portefeuille obligataire des assureurs s’accroit nettement. Avec la dégradation de la note française à l’automne 2025 (abaissée à A+ par Fitch en septembre et par S&P en octobre), la part des obligations souveraines en credit quality step 2 (CQS-2) est passée de 8 % à 64 %. Sur le plan prudentiel, les effets se limitent à l’impact sur les fonds propres, la charge en capital étant nulle pour les obligations souveraines de l’UE en monnaie nationale. S’agissant des obligations d’entreprises, près de 5 % de l’encours a également basculé de la CQS-1 à la CQS-2. La part des obligations d’entreprises classées en CQS-2 atteint ainsi 50,9 % chez les assureurs vie et mixtes et 46,7 % chez les assureurs non-vie (cf. T1e). Pour ces actifs, à l’effet sur la valorisation, s’ajoute une hausse de la charge en capital, au titre du risque de spread.

La duration du portefeuille d’obligations d’État demeure élevée en 2025, avec une nette hausse pour les assureurs non-vie. Dans un contexte marqué par la poursuite de l’assouplissement monétaire de la BCE, mais également de remontée des taux longs français, la duration moyenne se stabilise à 9,8 ans dans les portefeuilles vie-mixte/hors UC, tandis qu’elle s’allonge à 7,3 ans chez les assureurs non-vie (+0,3 an, cf. T1d). Pour ces derniers, 12,3 % de ces actifs ont une échéance inférieure à 2 ans, en baisse de 4,5 pp. A contrario, la dette de moyen terme s’accroit (+5,0 pp pour les échéances de 6 à 10 ans). Chez les assureurs vie, le poids des échéances longues augmente de +2,3 pp, une évolution minorée par les baisses de prix enregistrés par ces actifs.

Les placements en UC (669,6 Md€) progressent de +12,0 % bénéficiant à la fois de la collecte record (43,4 Md€) et de la hausse des marchés financiers. Les détenteurs de contrats en UC ont privilégié les titres de dettes en 2025. Sur 45,6 Md€ d’investissements nets, la moitié a été orientée vers les actifs obligataires et les titres structurés (+11,6 Md€ pour chacun, cf. T2d). In fine, après mise en transparence, l’encours des obligations d’entreprises progresse de +14,7 % (cf. T2a). L’encours des titres structurés bondit de +59,0 % sur un an, pour atteindre 35,5 Md€. À l’inverse, les placements immobiliers poursuivent leur recul (−17,1 %, à 28,9 Md€) (cf. T1a).


1 Les comptes de la Nation en 2025
2 L’amélioration de la méthodologie de mise en transparence a conduit à réviser la ventilation passé des placements par actif et par géographie.

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Etude statistique – Les placements de l’assurance en 2025 (PDF)